Le directeur général de l'Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du Sud, M Ahmed Hajji a souligné que les oasis sont des garants incontournables des équilibres écologiques et des terreaux fertiles pour le développement harmonieux d'une économie sociale adaptées aux réalités humaines et environnementales du sud du Maroc.
Au cours de la présentation, mercredi à Paris, du Programme de sauvegarde et de développement des Oasis du Sud marocain, M. Hajji a indiqué que les périmètres oasiens sont détenteurs d'un très fort potentiel de développement de produits de terroir originaux, dont la valorisation peut influer fortement sur la vie des populations locales.
"Les oasis du Sud du Maroc sont un témoin éloquent de l'intense activité caravanière qui a rythmé la vie des populations faisant ainsi éclore et prospérer nombre de cités au gré des fluctuations du trafic commercial", a-t-il rappelé, faisant savoir qu'aujourd'hui, dans le Sud du pays, d'autres cités sont prospères.
Il a cité, à titre d'exemple Laâyoune, cité emblématique qui a émergé du désert, Dakhla, qui mérite désormais sa notoriété comme destination internationale du tourisme sportif, Boujdour, un village de pêche devenu un centre urbain au coeur d'un développement cohérent, Tarfaya, théâtre mythique de Saint Exupéry et Smara la spirituelle, cité de l'alchimie des valeurs.
Pour M. Hajji, les oasis du Sud du Maroc sont un rare vivier de diversité culturelle, linguistique et de traditions vestimentaires et culinaires, et méritent, à ce titre, l'engagement de tous dans l'esprit de la préservation et de la valorisation d'un patrimoine universel.
Dans une déclaration à la MAP, M. Hajji a indiqué que la présentation en France du Programme de sauvegarde et de développement des Oasis du Sud marocain a pour objectif de faire le marketing territorial des provinces du sud, soulignant qu'au-delà de ce marketing, il existe un certain nombre de programmes mis en place dans ce domaine que l'Agence du Sud cherche à faire connaître à l'étranger.
"Notre objectif est de veiller à ce que l'on puisse accompagner la demande forte des communes qui souhaitent intégrer le programme de sauvegarde des oasis", a-t-il dit, mettant l'accent sur la nécessité de mobiliser les ressources humaines et financières ainsi l'expertise et le savoir-faire pour accompagner une action sur l'ensemble du chapelet des oasis.
M. Hajji a indiqué, d'autre part, que sa visite en France lui a permis d'avoir des contacts avec des institutionnels français et internationaux consacrés aux moyens à mettre en oeuvre en vue d'établir une coopération fructueuse pour la promotion des programmes de sauvegarde et de développement des oasis du Sud marocain.
"Nous mobilisons des ressources principalement à l'échelle nationale sur les acteurs locaux, avec l'accompagnement de la Direction générale des collectivités locales (DGCL) pour les programmes oasis", a-t-il fait savoir, ajoutant que des bailleurs de fonds internationaux, notamment le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) et l'Unesco participent aux financement de programmes oasiens au Maroc.
Pour sa part, l'ambassadeur du Maroc en France, M. Fathallah Sijilmassi a rappelé que le Royaume a déployé, tout au long des trois dernières décennies, des efforts considérables qui ont permis d'accomplir des réalisations impressionnantes dans les provinces du Sud.
La création en 2003, sur Hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI, d'une Agence spéciale pour la promotion et le développement des provinces du Sud, témoigne de la Haute sollicitude dont le Souverain entoure cette partie du Royaume, a-t-il souligné, relevant que depuis lors, l'Agence contribue efficacement à l'élaboration et à la mise en oeuvre de nombreux programmes d'investissement, couvrant tous les secteurs d'activité.
Evoquant le Programme de sauvegarde et de développement des oasis du Sud, M. Sijilmassi a signalé qu'il s'agit d'une importante initiative destinée à lutter contre la désertification et à restaurer la biodiversité dans des oasis qui vivent des situations difficiles en raison des aléas climatiques.
"Si les activités de ce programme engagent le devenir des habitants des oasis du Sud marocain, il est évident que les défis qui sont en jeu nécessitent la mise en oeuvre d'une coopération multilatérale et la conjugaison des efforts de tous", a-t-il souligné.
Saluant les efforts déployés par l'Agence du Sud, qui multiplie les synergies à travers une stratégie de mobilisation de fonds, M. Sijilmassi a indiqué que cet organisme a instauré des relations fructueuses avec de nombreuses organisations régionales et internationales, et a tissé un réseau de solidarités et d'expériences partagées pour mener à bien sa mission de développement des provinces du Sud.
Le programme de sauvegarde et de développement des oasis du sud (provinces de Guelmim, Assa et Tata), initié en 2006, a été intégré à l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH).
Ce programme, qui touche 12 communes, s'est fixé un ensemble d'objectifs stratégiques, notamment la réhabilitation et conservation de la biodiversité des oasis, la gestion rationnelle des ressources hydriques et la valorisation des potentiels oasiens. Ces objectifs seront affinés et mis en oeuvre dans le cadre du processus d'élaboration des plans communaux de développement.
Mobilisant 1,3 million de dollars pour l'année 2007, ce programme consacrerait annuellement 4,4 millions de dollars au cours de la période 2008-2011, nécessitant ainsi un budget global estimé à 18,1 millions de dollars.
Actuellement, 13 millions de dollars sont mobilisés avec la contribution de partenaires nationaux et étrangers, notamment l'Agence du Sud, la DGCL, les communes locales, le PNUD, l'Unesco et les gouvernements finlandais et espagnol.
Une stratégie de mobilisation de fonds est engagée pour mobiliser d'autres partenaires nationaux et étrangers et la coopération bilatérale afin de collecter cinq millions de dollars.
MAP
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