Culture

Echanges maroco-turcs : un marché de dupes ?

Grâce à une forte agressivité commerciale, la Turquie compte faire valoir ses énormes capacités de production, sa compétitivité en matière de coûts et son sens des affaires pour se développer à l’étranger, y compris au Maroc.

Grâce à une forte agressivité commerciale, la Turquie compte faire valoir ses énormes capacités de production, sa compétitivité en matière de coûts et son sens des affaires pour se développer à l’étranger, y compris au Maroc.

La visite officielle au Maroc de Recep Tayyib Erdogan, le Premier ministre turc, est l’occasion de faire le point sur les relations commerciales entre le Maroc et la Turquie. Avec un accord de libre-échange entré en vigueur en janvier 2006, la balance commerciale entre les deux pays penche largement en faveur du côté turc.

Si ce n’est pas forcément une surprise en soit vu que c’est une tendance généralisée au Maroc de plus importer qu’exporter, cette situation pourrait néanmoins encore s’aggraver à l’horizon 2015 avec une libéralisation totale pour l’industrie. Il est important de préciser que la Turquie a de quoi faire peur aux industriels marocains avec ses énormes capacités de production, sa compétitivité en matière de coûts et surtout un sens des affaires bien aiguisé.

Cette ouverture a d’autant plus de raison de faire peur que cet accord ouvre le marché marocain alors que le marché turc est pour sa part verrouillé par des mesures protectionnistes du marché local, ce qui empêche tout espoir de rééquilibrage de la balance commerciale entre les deux pays. Pire encore, de nombreux obstacles empêchent les exportations de biens marocains, comme les délais de dédouanement qui peuvent aller jusqu’à 40 jours ou la faible fréquence des liaisons entre les deux pays.

Plus grave encore, la Turquie espère bénéficier d’une ouverture totale sur les produits agricoles, ce qui pourrait mettre en péril toutes les filières marocaines face à la force des producteurs turcs.

Mais alors, dans ce marché de dupes, qu’est-ce que le Maroc espère pouvoir gagner ? A priori les investissements directs turcs, ce qui pourrait être une manne de financement toujours bien venue Pourtant, si les investissements turcs représentaient 113 millions de DH en 2010, ils ont été de 110 millions de DH en 2011, et plus que de 34,6 millions de DH en 2012, un signe avant-coureur de désengagements des investisseurs turcs au Maroc.

Ce recul laisse donc à penser que les accords en cour de négociation entre la Turquie et le Maroc sont véritablement un marché de dupes totalement au désavantage du Royaume !

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