L’art de manger chez les marocains

L’art de manger

Les Marocains sont gourmands et aiment associer le plaisir de manger à celui de recevoir. Toute occasion est bonne pour réunir famille, amis ou étrangers autour d’un repas.
Si l’usage des couverts s’est généralisé dans les restaurants, chez eux les Marocains mangent avec le pouce, l’index et le majeur de la main droite, la main gauche étant considérée comme impure dans les pays musulmans.
On peut également utiliser un morceau de pain en guise de fourchette. La période du Ramadan (jeûne) est particulière puisque pendant ce mois d’abstinence, les musulmans ne doivent ni manger, ni boire, ni fumer du lever au coucher du soleil.
Le jeûne est rompu le soir avec une soupe ou du lait et des dattes, suivis d’un abondant repas.

Le rituel à table

Recevoir à la Marocaine, c’est d’abord créer une ambiance conviviale. On s’installe sur des coussins autour d’une table basse, généralement ronde, en cuivre.
Dès l’entrée du repas, des serviteurs proposent des aiguières d’eau parfumée, afin que chacun puisse se laver les mains.
Le repas commencera après que la maîtresse de maison ait prononcé un louange à Dieu. Au cours du repas, il est mal vu de boire, de parler. On ne mange pas de viande de porc car elle véhiculait dans les pays chauds des maladies.
On mange dans le plat commun avec les mains, en utilisant la main droite, avec laquelle on fait des petites boulettes de semoule, tout un art ! En fait, tout a déjà été prédécoupé lors de la préparation des plats car le couteau est considéré comme porteur de malheur. Il faut savourer doucement.
Les invités doivent montrer qu’ils ont été satisfaits du repas par un rot sonore. Une fois le repas terminé, les domestiques reviennent avec les aiguières pour se rincer la bouche et les doigts. Ensuite ils vaporisent de l’eau de fleur d’oranger ou de rose à travers la salle. Une fois le repas terminé, vient le dernier rituel, celui du thé.

Le rituel du thé à la menthe

 C’est une tradition qui n’a même pas 150 ans. Après la guerre de Crimée, en 1856, ne pouvant plus vendre le thé de Chine aux pays slaves, les Anglais entreprirent de le proposer aux Marocains de Tanger. Ceux ci l’apprécièrent dans un savant mélange à l’ancestrale. L’infusion de menthe fit alors le tour du monde arabe.
L’art du thé est presque aussi cérémoniel que le Japonais. La tradition veut que l’on avale coup sur coup trois verres de thé bouillant et très sucré.
On boit donc trois verres de thé, le premier léger et brûlant sans menthe, le deuxième plus fort contenant de la menthe et le troisième très fort où la menthe est remplacée par de l’absinthe.
Cela nécessite un plateau de cuivre et le matériel à thé (les petits verres, une boite à thé, une boite à sucre, de quoi casser le pain de sucre, une bouilloire), brillant et somptueux souvent recouvert d’une serviette ou d’un voile de gaz. Il existe deux façons de préparer le thé : à la mauritanienne et à la marocaine. Au Maroc, le thé à la menthe est plus léger qu’en Mauritanie. Les verres sont plus grands et souvent décorés de calligraphies dorées. La théière est de taille supérieure, en métal de préférence et quand on le peut en argent finement ciselé.
Le maître de maison dépose une forte pincée de thé vert de Chine qu’il met rapidement dans l’eau bouillante afin d’en retirer l’amertume. On ajoute une poignée de menthe fraîche, un gros morceau de pain de sucre cassé au moyen d’un marteau de cuivre, au dessus de la théière. Après, on recouvre le tout d’eau bouillante, on enveloppe le récipient d’une serviette chaude ou d’une couverture.
Puis le maître de maison goûte le thé, ensuite il le sert en utilisant simultanément deux théières pour remplir les verres en versant le breuvage de très haut. Toute occasion est bonne pour faire le thé au cours de la journée.
Après un repas, c’est le temps du bavardage et du bien être. C’est l’expression la plus raffinée de l’hospitalité arabe. Refuser un verre de thé à la menthe ne se fait pas, c’est même une offense! Les invités ont le devoir de déguster le thé en tenant le verre vers le haut et en aspirant thé et air… Le bruit qui accompagne n’est en aucun mal vu.

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